Un marin, chef d'Etat-major des armées

Publié le par Linium International

                Mercredi dernier (27 janvier 2010), le conseil des ministres a nommé chef d’Etat-major des armées françaises l’amiral Edouard Guillaud, ancien chef d’Etat-major particulier (ie conseiller militaire) de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Il prendra ses fonctions le 25 février prochain, remplaçant ainsi le Général Jean-Louis Georgelin qui a atteint la limite d’âge.


       Mettre la  « Royale » à l’honneur n’est pas si fréquent dans le paysage militaire français et semble participer à un sursaut « maritimiste » des hommes politiques français et des français eux-mêmes. Le chef d’Etat-major des armées (CEMA) est en vertu du décret n° 2009-869 du 15 juillet 2009 le conseiller militaire du gouvernement, le responsable de l’emploi des forces armées et celui qui commande les opérations militaires. Ce poste clé est habituellement attribué à un général de l’armée de terre. En 50 ans, c’est le second amiral à devenir le plus haut responsable militaire français (pour rappel, le précédent était l’Amiral Lanxade, CEMA de 1991 à 1995).

 

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     Ceux qui le voudront pourront n’y voir qu’une coïncidence, mais il semblerait que la nomination de l’Amiral Edouard Guillaud fasse suite à un regain d’intérêt des autorités pour la mer. En effet, le grenelle de la mer qui s’achevait en juillet dernier avait poussé le président de la république à demander la publication d’un livre bleu sur la stratégie nationale pour la mer et les océans. C’est chose faite en décembre dernier, avec un livre bleu qui commence par définir la France comme « Grande nation maritime », faisant ainsi écho à l’affirmation de Richelieu : « Il semble que la nature ait voulu offrir l’empire de la mer à la France».  


De plus, la Marine voit sa place réaffirmée dans la mise en place d’une meilleure coordination des moyens et des hommes dans le cadre de l’action de l’Etat en mer (missions de sauvegarde et de sécurité maritime dans les eaux sous souveraineté française) et plus largement dans la mise en place d’une gestion intégrée des frontières extérieures de l’Union européenne (un article est en cours de préparation sur la création de la fonction « garde-côte » en France et sur cette gestion intégrée).


     Les géopoliticiens aiment à rappeler cette phrase de Sir Walter Raleigh « Celui qui commande la mer commande le commerce ; celui qui commande le commerce commande la richesse du monde, et par conséquent le monde lui-même » et les marins sont réputés fin géopoliticiens (le précédent Amiral CEMA en a fait la preuve en étant par ailleurs le fondateur de la Fondation Méditerranéenne d’Etudes Stratégiques). Pourtant les journaux rapportent ces derniers jours les propos de certains dans l’armée de terre qui doutent (vieilles querelles interarmées) des compétences d’un marin pour traiter des théâtres d’opération actuels (notamment l’Afghanistan). Le nouveau CEMA pourra certainement apporter une vision nouvelle à la situation afghane et il trouvera sur son bureau le dossier piraterie. Il sera donc certainement très attendu par le secteur maritime comme par les militaires engagés en opérations extérieures.


Jérémy DRISCH

Source image : SIRPA mer

Publié dans Actualité maritime

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safir 04/02/2010 18:48


"Sans la mer, on ne peut ni faire la guerre, ni profiter de la paix".
Général de Gaulle.
Certes, c'est rare de voir un marin à la tête de l'armée. Je me rappelle du Général Emile Lahoude, qui a pris la tête de l'armée libanaise et ensuite Président de la République.