Accord Algérie-Tunisie : un pas pour la Méditerranée

Publié le par Linium International

           Le 4 décembre dernier, les ministres des Affaires étrangères tunisien et algérien (respectivement Messieurs Abdelwaheb Abdallah et Mourad Medelci) se sont rencontrés pour négocier plusieurs accords et ils ont notamment signé une convention portant délimitation des frontières maritimes entre la Tunisie et l’Algérie.


            La Tunisie est un pays qui a toujours cherché à avoir des relations pacifiques avec ses voisins, malgré quelques litiges occasionnels. En effet, la frontière terrestre qui s’étend sur environ 965 km a été l’objet d’un long litige, commencé en 1983 et résolu 10 ans plus tard, en 1993. Le bornage fût lui achevé en 1995.


Côté maritime, les frontières ont surtout posé problème avec le voisin libyen. Effectivement, la cour internationale de justice a dû se prononcer en 1982 sur la délimitation du plateau continental entre les deux Etat, dont l’enjeu majeur était avant tout pétrolier. Ce conflit est  a priori entièrement résolu.


         P1080696.JPG    Pour la Tunisie, il ne restait donc plus qu’à résoudre le problème de la délimitation entre les eaux tunisiennes et algériennes. Un accord provisoire avait été signé le 11 février 2002 entre les deux voisins (Accord sur les arrangements provisoires relatifs à la délimitation des frontières) instaurant une frontière maritime basée sur l’équidistance (pour rappel, d’après l’article 15 de la Convention de Montego Bay, il s’agit de la «ligne médiane dont tous les points sont équidistants des points les plus proches des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale de chacun des deux Etats »).  Cet accord était prévu pour une durée de six ans reconductible.

C’est finalement au terme de cette première période de transition qu’a été adopté un accord définitif portant délimitation des frontières maritimes entre la Tunisie et l’Algérie. Cette convention du 4 décembre 2009 montre que les relations entre ces deux pays ne cessent de s’améliorer.


           Cet accord qui pourrait paraître anodin est au final significatif sur deux plans. Au niveau de l’espace maghrébin, il fait évoluer les questions frontalières laissant le Maroc seul puisque la frontière Algéro-marocaine reste depuis 1994 complètement fermée. Les relations algéro-marocaines ne cessent de ralentir le processus de coopération régionale (citons par exemple le fait que l’Union du Maghreb arabe reste paralysée par les relations difficiles entre les deux voisins). Au niveau de l’espace méditerranéen, il s’agit aussi de la réduction du nombre de litiges liés aux délimitations maritimes. Le bassin méditerranéen connait un certain nombre de contentieux parmi les plus délicats (comme c’est le cas en Mer Egée, autour de l’île de Chypre ou des eaux israéliennes). Certains, comme le contentieux entre la Croatie et la Slovénie sont en voix de résolution. A l’heure de la construction d’une Union pour la Méditerranée, il s’agit d’un petit pas important vers une pacification des relations entre riverains de cet espace quasi fermé.

 

Jérémy DRISCH

 

 


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