De l'eau dans le gaz et du gaz dans l'eau à Saint-Pierre-et-Miquelon : 1ère partie

Publié le par Linium International

    Alors que les Antilles françaises s’enflammaient en février 2009, de nombreux comités de réclamation se sont formés dans les collectivités d’outre-mer dont le but était tout simplement d’obtenir une amélioration du coût de la vie. Saint-Pierre-et-Miquelon constitua ainsi son comité mais, la réclamation principale ne concernait pas le pouvoir d’achat ! Non, il s’agissait pour les habitants de l’archipel de demander l’extension du plateau continental* au-delà des 200 milles nautiques*. En effet, la France était en train de finaliser son programme Extraplac visant à l’extension du PC en métropole et à l’outre-mer, lui permettant d’en obtenir près d’un million de km2. A priori, toutes les zones du globe où la France exerce sa souveraineté étaient concernées. Pourtant, la date limite pour le dépôt des dossiers à la commission des limites du plateau continental était le 13 mai 2009 et certaines extensions n’avaient pas été proposées. C’est le cas par exemple, de l’extension autour des îles Eparses, territoires dont la souveraineté française est contestée par Madagascar et pour l’une des îles par l’Ile Maurice.

 

     Saint-Pierre-et-Miquelon fait parti de ces endroits où l’extension ne souhaitait pas être demandée par la France.

 

     Pourquoi ?

 

     L’archipel, dernier vestige de la nouvelle France, de l’Empire français des Amériques, sentinelle du désert des Tartares en attendant que la fin inéluctable n’arrive, est au cœur d’un problème épineux. D’un côté, nous avons ces îles, proches des côtes du Canada et dont les habitants n’ont vécu que de la pêche et cela depuis toujours. De l’autre côté, nous avons un immense pays, le Canada qui semble regarder avec dédain ce petit bout de terre perdu dans sa mer territoriale. La France dans tout cela, ne sait pas trop comment développer Saint-Pierre et Miquelon sans porter atteinte à la souveraineté du Canada. En effet, l’archipel fût déjà l’occasion pour les deux Etats de s’affronter. A l’époque, il était question de délimiter les frontières maritimes entre les deux Etats. Les deux parties n’arrivaient pas à parvenir à un accord et il fut donc demandé à un tribunal arbitral de trancher le litige (la France n’a jamais eu confiance dans la cour internationale de justice). Réunis en 1992 à New-York, les arbitres internationaux rendirent une sentence arbitrale qui est, de l’avis de beaucoup, en défaveur de la France et surtout des habitants de Saint-Pierre et Miquelon. En effet, la forme étrange de la Zone Economique Exclusive* française à Saint-Pierre est d’une originalité qui ne permit pas le développement de la pêche (au contraire, les conséquences furent fâcheuses) et de l’offshore pétrolier (en effet, la région possède quelques gisements d’hydrocarbures, dont la plupart se trouvent dans les eaux canadiennes).

source : Christian Fleury, « Saint-Pierre et Miquelon, îles frontière », Norois, 190 | 2004/1, [En ligne], mis en ligne le 01 septembre 2008. URL : http://norois.revues.org/index68.html

 

 

(à suivre)

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Anne-Claire 18/08/2009 12:40

Qu'est-ce que le PC? Le plateau continental?
ça signifie quoi pour la France d'étendre son PC? Négocier une augmentation de la ZEE?

Linium International 18/08/2009 14:04


Salut Anne-Claire. En fait, j'ai créé un lexique que l'on trouve sur la droite de l'écran. A chaque fois qu'il y a une astérisque, c'est que le terme est expliqué sur la page lexique.
L'intérêt que la France a (ou plutôt les habitants de l'archipel) d'étendre son plateau continental fera l'objet de la deuxième partie de l'article. Je tenterai ensuite de démontrer un peu plus
pourquoi la sentence arbitrale de 1992 nous est défavorable.