Le 8 juin dernier, l’Erythrée et Djibouti sont parvenus à la signature d’un accord décidant du règlement pacifique du contentieux sur leurs frontières maritime et terrestre sous la médiation du Qatar. Depuis plusieurs années, les deux pays se sont affrontés militairement dans une zone sous souveraineté djiboutienne mais contestée par l’Erythrée : le Cap Doumeira et l’île de Doumeira. Après deux confrontations meurtrières en 1996 et 1999, l’Erythrée a occupé la zone litigieuse en avril 2008 précipitant les deux Etats dans un nouveau conflit.
Cet accord de médiation est une première étape dans le règlement pacifique des différents entre l’Erythrée et Djibouti. La première conséquence devrait être le retrait des troupes érythréennes du cap Doumeira, zone dans laquelle Djibouti et le Yémen envisage de construire un pont traversant le détroit du Bab el Mandeb (pont de 28,5 km). Ensuite, après avoir ignoré plusieurs fois les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Erythrée fait enfin un effort pour la paix dans une région particulièrement instable.
Cet accord peut avoir un impact important pour toute la région de la
Corne de l’Afrique. L’Erythrée est
un Etat clé pour la stabilité et la sécurité dans cette région. Elle connaît des tensions notamment avec son voisin éthiopien, ou en a connu avec le Soudan et le Yémen (de l’autre côté
de la Mer Rouge). L’Erythrée a été surtout condamnée par la communauté internationale pour avoir participé à la déstabilisation de la Somalie en finançant et soutenant les mouvements rebelles
islamistes, ce dernier Etat ayant reçu jusqu’en 2009 le soutien militaire de l’Ethiopie, frère ennemi de l’Erythrée. Si celle-ci fait enfin le chemin de la Paix, peut-être pourrait elle enfin
régler le différent frontalier avec l’Ethiopie (conflit qui aura fait plus de 100 000 morts). Par là même, cela modifierait certainement les implications érythréennes en Somalie. Ce dernier
pays vit depuis des décennies une paupérisation phénoménale, dont les tensions intérieures ont conduit à son implosion. Cette situation anarchique a eu pour effet de développer la piraterie au
large de la Corne de l’Afrique.
Il faut retenir de cet accord entre ces deux voisins africains, l’implication du Qatar qui a réussi là où les Etats occidentaux et les organisations internationales (ONU, Union Africaine, etc.) ont échoué. Rappelons que la France, qui a de nombreux intérêts à Djibouti (notamment une base militaire importante située sur un détroit clé de l’économie mondiale – le « Bab el Mandeb ») n’a pas réussi à apaiser les tensions entre Djibouti et l’Erythrée. Le Qatar a proposé sa médiation dans d’autres litiges frontaliers dans la région. Ce pays commence à prendre de plus en plus de place dans la diplomatie du monde musulman, se démarquant notamment des positions de son encombrant voisin, l’Arabie Saoudite. Cette dernière est un Etat clé dans la stabilité du versant asiatique du Bab el Mandeb, en étant notamment largement impliqué dans la politique yéménite.
Jérémy DRISCH
Carte en format PDF : Erythrée, un Etat clé de la corne de
l'Afrique?
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Le 26 mars
dernier, un navire de la marine sud-coréenne a été coulé par la marine Nord Coréenne, Pyongyang considérant qu’il s’approchait trop de ses eaux territoriales (celles-ci étant théoriquement
délimitées par la Northern Limit Line prévue par le traité d’armistice mais contestée par la Corée du Nord –cf.
contentieux
Le port de Sébastopol est situé dans la péninsule de Crimée. Conquise au XVIIIème siècle par l’empire
Russe, le port militaire fut construit sous le règne de Catherine II. Depuis lors, les marins russes n’ont cessé d’occuper Sébastopol. Après la seconde guerre mondiale, l’URSS attribua la
péninsule à la république ukrainienne, reconnaissant à la ville de Sébastopol le statut de « ville d’importance républicaine » (id. d’importance fédérale comme Moscou ou
Saint-Petersbourg), tout en continuant à occuper les installations portuaires. Après la chute de l’URSS, cet état de fait n’a jamais été contesté. En 1997, Boris Eltsine reconnu que la péninsule
de Crimée et la ville de Sébastopol étaient ukrainiennes. A côté de cela, un bail de 20 ans était signé entre les deux pays permettant à la Russie de stationner sa flotte dans une partie du port
ukrainien. Ce bail devait s’arrêté en 2017 mais l’accord intervenu en avril dernier le prolonge jusqu’en 2042.



